Commission Formation
Note d’intention Commission Formation SFSIC
Présentée aux administrateurs lors du CA du 17 septembre 2010
P. de la Broise
V. Lépine
Ces deux dernières années, les activités de la commission formation ont été principalement axées sur l’évolution de l’offre de formation en SIC depuis la réforme dite du LMD et les conditions d’une professionnalisation en information—communication dans l’Enseignement Supérieur.
Ce travail doit se poursuivre, notamment à partir des outils de recensement des formations en SIC (catalogue formations : sfsic.org/formations) et des réflexions produites sur les compétences mobilisables dans les différents champs professionnels d’exercice des diplômés (symposium Roubaix, Assises SFSIC). Ce travail, dont l’utilité première est de rendre plus lisible les cursus français, participe par ailleurs à la mise en visibilité des SIC, dans une période troublée où les restructurations (mastérisation, LRU, PRES, regroupements et/ou fusions de laboratoires) et l’évaluation pédagogique et scientifique (AERES) ravivent la « lutte pour la reconnaissance » disciplinaire à l’échelon national et international, mais aussi localement.
Les outils sont là. Il reste à les exploiter. De fait, la commission formation doit mobiliser un réseau de correspondants actifs qui, par leurs fonctions, dans leurs filières et leurs universités respectives, sont en mesure de collecter l’information et de la verser au pot commun. Cette mobilisation, par-delà les seuls membres adhérents de la SFSIC, peut d’ailleurs contribuer à accroître le rayonnement de notre association si nous sommes en mesure de proposer aux enseignants et/ou chercheurs en Information Communication des outils, des analyses et des projets qui servent très directement leur intérêt.
Plusieurs « dossiers » sont à considérer, sachant qu’ils ont pour la plupart d’entre eux été « ouverts » depuis 5 ans et que le temps est probablement venu de dresser un bilan des principaux changements observables en matière de : positionnement de l’offre de formation, professionnalisation et valorisation des compétences en SIC, formation tout au long de la vie, relations formation-recherche, mobilité internationale, relations avec le milieu professionnel et insertion.
Observer et accompagner l’évolution de l’offre de formation
L’évolution des formations, soumises à des jeux institutionnels et, notamment, à des campagnes de réhabilitation non synchronisées complexifie une analyse, en temps réel, de cette offre pédagogique plurielle. Il importait donc de mettre en place un dispositif de veille (observation) des formations en SIC à partir duquel nous pourrions rendre compte d’une ingénierie de la formation et accompagner les équipes pédagogiques dans la construction et/ou la mise en visibilité de leur offre. La conception d’une plateforme interuniversitaire en SIC devait favoriser cet accompagnement en regroupant les données recueillies à partir des quelque 27 académies et 86 universités françaises (sachant que plusieurs d’entre elles se sont regroupées dans le cadre des PRES).
• Faire vivre l’outil : sfsic.org/formations
La plateforme “formations” de la SFSIC existe. Elle a été activée au début de l’été 2010. Mais, à l’instar des différents services en ligne proposés par la SFSIC, elle reste encore une “boîte vide”, faute d’une sensibilisation suffisante des responsables de formations à l’utilité de la remplir. Le repli “localiste” («mon université, mon UFR, mon département, ma spécialité, mon parcours, mon option») des responsables de formation constitue un frein qu’il faut lever en argumentant sur :
- la publicité faite aux formations référencées (d’où l’idée d’une reconnaissance institutionnelle des formations référencées sous le label “SFSIC” ;
- la “concurrence” des formations privées et leur attractivité sur le web ;
- la complémentarité de ce référencement avec le fichier RNCP
- le développement d’une offre de formation concertée favorisant l’ingénierie de formation et la formalisation d’un réseau.
Au demeurant, le catalogue des formations SIC ne constitue qu’une première étape, sans laquelle aucune analyse sérieuse n’est possible à l’échelon national. La difficulté du recueil des informations oblige, comme nous l’avions anticipé, à mobiliser des correspondants régionaux et, ce faisant, à les intégrer officiellement dans le CA de la SFSIC.
• Accompagner l’ingénierie de formation
Sauf à considérer la formation comme objet de recherche et à la discuter dans les congrès de la SFSIC, on observe un déficit relatif de dialogue pédagogique interuniversitaire. Or le métier d’enseignant-chercheur se transforme et l’enseignant est appelé, de plus en plus, à s’affirmer comme ingénieur de formation. Partager une information actualisée sur l’offre pédagogique en SIC est utile à la reconnaissance des SIC comme à la conception des cursus universitaires. On sait notamment que les campagnes d’habilitation nécessitent de la part des composantes un travail de positionnement de leurs maquettes à l’échelon régional et national. De même, ce partage de données pourrait ouvrir sur de nouvelles coopérations pédagogiques.
• Discuter les compétences et la professionnalisation en SIC
La “traduction” en compétences des certifications en Information Communication oblige à une réflexion sur les métiers de l’information et de la communication. L’enregistrement au Répertoire National des Certification des Compétences Professionnelles (RNCP) constitue désormais une obligation pour l’ensemble des composantes universitaires et devrait, a minima, faciliter l’identification de l’offre pédagogique.
Plusieurs travaux récents de la Commission Formation (CFA Bagnolet, mai 2008) ont cependant montré la difficulté de cette traduction en compétences des contenus et formats pédagogiques où l’on retrouve confusément des capacités et des fonctions, mais aussi des compétences génériques, transversales, disciplinaires, opérationnelles…
La “professionnalisation” est, à la différence d’autres cursus, caractéristique des attendus et formats pédagogiques en SIC. Or cette professionnalisation n’opère pas de même manière selon que l’on considère les formations de niveaux & environnement pédagogique distincts : DUT, licence pro, licence, master ou doctorat. La place historique des IUT dans la formation en SIC mérite à ce titre d’être questionnée au même titre que l’on s’est interrogée sur la masterisation des cursus consécutive à la réforme du LMD.
• Contribuer à l’intégration et au développement de nouveaux formats pédagogiques
La Commission Formation a pris acte des recherches autour des nouveaux formats pédagogiques relevant, d’une part, des développements technologiques de l’enseignement à distance (TICE, e-learning) et de la Formation Tout au Long de la Vie (VAE, alternance, CIF, DIF, contrats et périodes de professionnalisation). Mais cette réflexion n’a pas encore donné lieu à une prise de position politique de la SFSIC, sachant que le retard pris dans le référencement des formations ne permet pas de dresser un véritable état des lieux dans la discipline. Dans le cas de l’enseignement à distance, de l’alternance ou de la VAE, un partage d’expériences autour des protocoles de formation et de certification reste à produire. La participation ponctuelle des VP formations aux travaux de la Commission Phenix et l’expérimentation de l’alternance (contrats de professionnalisation et apprentissage) en région permettent aujourd’hui de conseiller et accompagner les responsables de formation dans ces nouveaux formats pédagogiques.
• Renforcer le lien formation-recherche
La Commission Formation n’entend pas faire l’économie d’une réflexion scientifique. En lien avec la Commission Recherche, la Commission Formation peut, d’une part, contribuer à défendre la dimension épistémologique de l’offre pédagogique et, d’autre part, valoriser les travaux de recherche relatifs aux formations en SIC. Elle y a contribué, notamment, à l’occasion des 1ères Assises de la SFSIC (décembre 2009) et dans les débats qui ont suivi le rapport du Conseil pour le Développement des Humanités et des Sciences Sociales (CDHSS) en janvier 2010). Ce travail doit notamment permettre de pondérer la représentation « opérationnelle », voire « technicienne » des cursus en Information Communication en rappelant le cadre de référence théorique qui sert l’analyse, y compris dans les pratiques professionnelles. La question d’un « socle commun » aux L1 et/ou au parcours licence en Information—Communication doit être discutée et aboutir à des propositions.
• Accompagner la mobilité internationale
La mobilité des étudiants (mais aussi des enseignants) dans le cadre des programmes d’échanges pourrait faire l’objet d’une réflexion, sachant que le modèle français des SIC se prête encore difficilement à des échanges pédagogiques internationaux. Les programmes internationaux (Erasmus, CREPUQ…) et autres conventions interuniversitaires pourraient être discutés davantage en lien avec la Commission Relations Internationale. De même, l’accueil des étudiants étrangers, soumis à de nouveaux protocoles d’admission, pourrait faire l’objet d’une journée d’étude. Ouvrir ce dossier constituerait une bonne occasion de prendre la mesure de l’offre pédagogique proposé hors du territoire national.
• Promouvoir les partenariats professionnels et l’insertion des diplômés
Les Sciences de l’Information et de la Communication peuvent se reconnaître dans un certain nombre d’associations professionnelles (ADBS, AFCI, UJJEF…). Plusieurs d’entre elles ont développé des partenariats pédagogiques avec des Ecoles, des UFR, des départements ou des parcours. Là encore, les rencontres avec les principales associations professionnelles (Roubaix, 2009 ; Paris, 2010 ; Montréal, 2010) ont contribué à la reconnaissance de la 71ème section et de la SFSIC à un échelon national et international. Plusieurs grands rendez-vous sont prévus en 2011 et 2012 sur ces questions. De ce point de vue, les rencontres Jacques Cartier de décembre 2011 devraient constituer un moment important pour le développement de nos partenariats avec les associations professionnelles (AFCI, ABCI, associations canadiennes de relations publiques) et scientifiques (AIS, ICA), y compris à l’international.


